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Dans le jardin

Cabane à outils, un peu plus grande parfois pour s'isoler, s'inviter à la sieste, recevoir des amis. Nous avons tous en mémoire des images qui s'impriment: Les carrés de jardins des cheminots, le jardin de parents, le sien, l'odeur des tomates, une chanson de Jacques Dutronc.

cabane de jardin avec corbeille de fruits

C'est aussi la nostalgie d'un grand parent, les histoires et les secrets de familles, le partage. Mais pour des raisons de retours aux sources, ces pratiques reviennent à la mode. On ne connaît pas forcément son voisin de palier, mais aux coeurs des jardins, la télé n'existe plus. Place aux échanges de tuyaux... pour l'arrosage pou le turf autour d'un verre de pastis ou de vin blanc.

Le petit jardin.

Le jardin ouvrier

A la fin du XIXème siècle, l’abbé Jules Lemire fonde la Ligue française du coin de terre et du foyer. Les jardins ouvriers sont nés. C'est une grande tradition qui va s'installer autour d'une activité à tous points bénéfique: d'un côté on attribuera un moyen à d'anciens ou des néo agriculteurs de garnir les marmites et surtout on va encourager les hommes à quitter la folie de l'alcool, de l'absinthe et des cabarets en cette fin de siècle. Il crée la Ligue française du Coin de Terre et du Foyer qui deviendra la fédération des jardins familiaux. Depuis, il y a de nombreuses associations qui gèrent ces parcelles et il n'est pas improbables que vous puissiez, si ça vous" branche" de trouver votre bout de terre près de chez vous.

Un cabanon pour les week ends.

Bienvenue dans le monde de la récup. L'ingéniosité va de pair avec une main verte, et une récolte fructueuse. Le manque de cadenas et de fermeture oblige aussi aux économies et à l'usage des matériels sans valeur.

cabane de jardin ouvrier en toles

Une alignement parfait pour les salades et les glaieuls, mais une cabane de bric et de broc pour le jardinier. Etrange... et sympathique.

Des alignements de potagersRécupération de l'eau et potager luxuriant.

des bidons de produits pétroliers pour la bonne causeLe recyclage et la décroissance sont présent .

A l'image de ces futs d'huile de moteurs réutilisés en nombre dans les potagers pour la récupération d'eau. Pas trop de matériaux de synthèse dans ces paysages. Métaux, bois et terre.

abris de jardin avec une volière

 

Le jardin particulier

Le fin du fin du monde à soi. Avec ou sans cabane, le jardin est par essence une retranscription d'une certaine image du paradis qui sommeille en tout un chacun.

Il s'agit selon ses moyens et sa volonté de créer un espace personnel ou l'architecture est souvent associée au temps, aux efforts mais aussi aux choix des essences, des couleurs, des fruits à récolter.

Un monde intimiste, son coin de paradis.

Et bien souvent la découverte soudaine d'un jardin apporte une image particulière d'un paradis perdu. Si de surcroit une bâtisse attenante parfait les limites du voisinage, on y retrouvera à chaque fois un maître des lieux avec un sourire comblé.

Une version sympa et accessible.

De nos jours, la cabane est à la mode et on peut très rapidement en faire l'acquisition dans les grandes surfaces et même via le web.

Au coeur de Paris, lors des reportages des soeurs Brunet sur les habitants atypiques.

Chacun sa manière de se mettre en roue libre, de relacher du quotidien.

cabane anglaiseUne maitrise à" l'Anglaise"

 

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Nathalie et moi

Un témoignage des jardins ouvriers remarquablement-et sympathiquement- écrit par une de nos lectrices. Un souvenir d'enfance qui peut être vous parlera à vous aussi avec ces impressions..

fenêtre de verdure

Mes grands parents possédaient un jardin autrefois. Je dis possédaient, car ce fut bien la seule chose qu'ils aient pu acquérir dans leur vies. D'ailleurs ils appelaient ça "le terrain". C'était des existences d'après la guerre, celle du monde ouvrier où déjà le simple fait d'avoir son automobile et la télévision suffisait à combler le puits des désirs matériels. La vie de famille était le centre des préoccupations, déjà sur le plan alimentaire, s'ensuivait alors les distractions à défaut de loisirs.


Je m'appelle Nathalie comme beaucoup de femmes de mon âge. Je suis arrivé dans la rame de la génération suivante, chahutée par le retour des mamans dans le monde du travail. C'est ainsi que j'ai pu connaître, venant d'emménager à Blois, mes grands parents qui ont longtemps rempli les vides de mon planning extra scolaire.


Alors on allait à ce jardin, une sorte de repaire de retraités dans un faubourg de la ville, surement à l'image des jardins ouvriers, mais dans notre cas il s’agissait d’une douzaine de lopins de terre, peut être moins, relativement grand sauf le premier qui était divisé en trois parties.

Des rangées vertes avec des cabanes à outils, à apéros, à toiles cirées,  à transistors, à pastilles Valda situées à proximité d’un bois où je ne m’aventurais jamais, trop occupée avec l’ennui qui me portait comme une sorte de nuage. J’avais le recul, l’impression,  de vivre des moments que je qualifierais maintenant de bucoliques, en marge de la ville. J‘avais déjà la nostalgie de ses moments qui  me semblait hors du temps. Il y avait l’heure du café le mercredi après midi, l’apéritif le samedi midi après l’école. Les autres fins de journée c’était le travail de cette terre qui était généreuse en courgettes, tomates, artichauts, radis, et les cerises en mai pendant que le poste distillait tranquillement « Holiday, Le sud », les tubes de Dave ou des Martins Circus. Mon environnement était complet avec une cabane à poupée en palette et une balançoire sous un portique sommaire car aucune branche ne fut assez haute pour les mouvements pendulaires d’une petite fille.


La mécanique ronronnait bien, jusqu’à ce jour d’avril ou je vis arriver Nathalie. Une Nathalie comme moi, mais les comparaisons pouvaient s’arrêter là et ce fut alors le début de la grande aventure. A ses premiers mots, je sus que l’on se connaissait depuis la nuit des temps et au même instant je compris que ce temps s’achèverait  pour de bon à la fin  des vacances de Pâques. Elle s’appropria le monde entier en une journée et nous passâmes 15 jours dans les bois, près du ruisseau à bâtir chaque instants nos contes de fées, nos cabanes de branches, de planches et de tous ce que l’ont allait mendier dans les potagers.

deux filles jouant à cache cache derrière un arbreChroniques d'enfants
Les gens autour s’associaient à cette dynamique. Nos virées en luges de cartons depuis une butte semaient la désolation dans nos gardes robes, nous partions déjeuner près de l’eau, emportant jusqu’au café et à ces moments là, elle me parlait avec douleur de ses parents qui divorçaient, de la vie en banlieue de Paris. Rapidement comme pour oublier, l'’imagination clôturait les conversations et ces histoires galopaient sur des pistes interminables menant à un château scintillant ou à un bal merveilleux. Nathalie repartit un matin pour Argenteuil et on se promit de se revoir et de s’écrire, on se jura milles choses. Mais nous étions trop jeunes alors. Quant à moi, j’ai passé alors les vacances les plus heureuses de cette époque. Nathalie

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