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14 décembre 2000     dernière mise à jour : 13 octobre 2014     Martine Schnoering     1 messages etour rubrique Les dossiers Robinsons


La maison de Martine Dersou Ouzala

Martine Schnoering nous parle d’une petite maison de randonneurs dans le massif du Donon (Vosges) dans laquelle elle aime venir séjourner de façon hebdomadaire, et dont l’ambiance lui rappelle le film Dersou Ouzala, de KUROSAWA.

Ma maison dans la Forêt

« Dans ma maison, vous viendrez, d’ailleurs ce n’est pas ma maison, Je ne sais pas à qui elle est, Je suis entré comme ça un jour, Il n’y avait personne. »

Jacques PREVERT, Paroles. Extrait de : « Dans ma maison ».

maison dans la forêt

J’étais encore la nuit dernière dans la cabane. C’est vraiment un lieu de vie magnifique, que l’on partage avec d’autres randonneurs qu’on ne voit généralement pas, mais qui laissent la trace bienveillante de leur passage généralement sous forme de bois, de bougies, de dessins aux murs, d’un petit entretien courant. Je vais au-moins une fois par semaine dans cette cabane, qui est mon "QG", ma bouffée d’oxygène, face à la belle montagne du Donon...

Massif du DONON décembre 2OOO

« Ma maison dans la forêt » n’est pas à moi et ne semble pas non plus appartenir à qui que ce soit. Elle offre son modeste « confort » à tous ceux qui en franchissent le seuil, randonneurs en quête d’un abri, fêtards d’un soir, bûcherons ou « ermites du dimanche », comme moi, à la recherche d’un peu de calme.

Ma maison dans la forêt est minuscule mais je m’y sens tellement bien ! Elle a un petit auvent, une porte, plein de fenêtres et presque pas de murs. L’intérieur est sommairement meublé d’une table, deux bancs, deux porte-manteaux et, luxe suprême, d’une grande cheminée en pierre de grès. Le sol est en terre battue recouvert de gravillons. La lumière y pénètre par six fenêtres avec... 25 carreaux !

Je les ai comptés ce matin, car la semaine dernière, en stockant du bois, j’en ai cassé un. De simples bandelettes de papier journal ont suffi pour prendre des mesures et je viens à peine de le changer. Le mastic ne sèche pas car il fait froid, mais ça m’a fait très plaisir de remplacer le vieux carreau terne et cassé par un nouveau, tout transparent ! Du coup, j’ai eu envie d’en changer un autre, juste à côté, fendu par d’autres occupants. Ce que j’ai fait. Toutes ces fenêtres rendent la maisonnette très lumineuse et permettent de détailler le paysage à 18O degrés, bien à l’abri et bien au chaud.

J’écris sur la table, le dos chauffé par le feu, en regardant de temps à autre devant moi des fougères rousses ondulant dans le vent. A ma droite, d’autres fougères, une forêt d’épicéas et, vestige de la tempête de 1999, une grande racine dont les bras gesticulent dans tous les sens comme une divinité indoue. A ma gauche, l’antenne et le temple du Donon jouent à cache-cache avec la brume. Derrière moi enfin, la forêt toujours et un gros tas de bois protégé par une bâche de plastique tissé blanc. Les murs intérieurs du refuge sont tapissés de ce même matériau, simplement agrafé.

Celui-ci me rappelle les coussins brodés de couleurs vives ornant la tente berbère au Maroc, qui sont confectionnés avec le même « tissu » et Chloo, une charmante jeune fille nomade que j’ai photographiée en plein travail. Cet endroit privilégié m’accueille depuis plusieurs années et il me semble normal de veiller sur lui en emportant régulièrement les bouteilles vides et autres déchets abandonnés par certains visiteurs désinvoltes, de ranger un peu de bois sous l’auvent pour qu’il sèche, de laisser quelques bougies, allumettes ou allume-feu en pensant aux suivants. D’autres personnes font un peu d’entretien et quelques réparations, mais je ne les ai jamais rencontrées. Je chéris cette maisonnette, qui me fait penser à celle d’un de mes « films-culte » : Dersou Ouzala, de KUROSAWA, une référence absolue en ce qui concerne « l’esprit-bivouac ».

C’est dans ce sens que j’ai cru bon d’enrichir le mobilier d’une humble pelle métallique, bien pratique pour nettoyer le foyer et jeter les cendres froides. Un inconnu y avait laissé une hache qui a disparu peu après. Peut-être l’a-t-il récupérée ? Ma pelle ne suscite pour le moment aucune convoitise. Il est si agréable de passer ici quelques heures au calme ! Qu’il fait bon y lire, écrire, rêver, faire une sieste sur un banc devant le feu, ou bien déguster de succulentes grillades en compagnie de quelques amis. A la lumière romantique des bougies, c’est un bonheur d’écouter la pluie crépiter sur le toit de tôle, le vent hurler dans la forêt, ou bien de regarder tomber la neige, dont l’odeur si fraîche se mêle à celle du feu de bois…

Martine schnoering






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