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28 décembre 2009     dernière mise à jour : 18 septembre 2016     Nathalie L.     1 messages etour rubrique La cabane de jardin : la page bucolique, les jardins et leurs cabanes.


Nathalie et moi : Chroniques d’enfants.

Un témoignage des jardins ouvriers remarquablement-et sympathiquement- écrit par une de nos lectrices. Un souvenir d’enfance qui peut être vous parlera à vous aussi avec ces impressions..

fenêtre de verdure

Mes grands parents possédaient un jardin autrefois. Je dis possédaient, car ce fut bien la seule chose qu’ils aient pu acquérir dans leur vies. D’ailleurs ils appelaient ça "le terrain". C’était des existences d’après la guerre, celle du monde ouvrier où déjà le simple fait d’avoir son automobile et la télévision suffisait à combler le puit des désirs matériels. La vie de famille était le centre des préoccupations, déjà sur le plan alimentaire, s’ensuivaient alors les distractions à défaut de loisirs.

plantes devant un cabanon

Je m’appelle Nathalie comme beaucoup de femmes de mon âge. Je suis arrivé dans la rame de la génération suivante du babyboum, chahutée par le retour des mamans dans le monde du travail. C’est ainsi que j’ai pu connaître, venant d’emménager à Blois, mes grands parents qui ont longtemps rempli les vides de mon planning extra scolaire.

Alors on allait à ce jardin, une sorte de repaire de retraités dans un faubourg de la ville, surement à l’image des jardins ouvriers, mais dans notre cas il s’agissait d’une douzaine de lopins de terre, peut être moins, relativement grand sauf le premier qui était divisé en trois parties.

Des rangées vertes avec des cabanes à outils, à apéros, à toiles cirées, à transistors, à pastilles Valda situées à proximité d’un bois où je ne m’aventurais jamais, trop occupée avec l’ennui qui me portait comme une sorte de nuage. J’avais le recul, l’impression, de vivre des moments que je qualifierais maintenant de bucoliques, en marge de la ville. J‘avais déjà la nostalgie de ses moments qui me semblait hors du temps. Il y avait l’heure du café le mercredi après midi, l’apéritif le samedi midi après l’école. Les autres fins de journée c’était le travail de cette terre qui était généreuse en courgettes, tomates, artichauts, radis, et les cerises en mai pendant que le poste distillait tranquillement « Holiday, Le sud », les tubes de Dave ou des Martins Circus. Mon environnement était complet avec une cabane à poupée en palette et une balançoire sous un portique sommaire car aucune branche ne fut assez haute pour les mouvements pendulaires d’une petite fille.

La mécanique ronronnait bien, jusqu’à ce jour d’avril ou je vis arriver Nathalie. Une Nathalie comme moi, et de la même année, de mon âge. Mais les comparaisons pouvaient s’arrêter là et ce fut alors le début de la grande aventure. A ses premiers mots, je sus que l’on se connaissait depuis la nuit des temps et au même instant je compris que ce temps s’achèverait pour de bon à la fin des vacances de Pâques. Elle s’appropria le monde entier en une journée et nous passâmes 15 jours dans les bois, près du ruisseau à bâtir chaque instants nos contes de fées, nos cabanes de branches, de planches et de tous ce qu’ ont allait mendier dans les potagers.

deux filles jouant à cache cache derrière un arbre.:: : Chroniques d’enfants

Les gens autour s’associaient à cette dynamique. Nos virées en luges de cartons depuis une butte semaient la désolation dans nos gardes robes, nous partions déjeuner près de l’eau, emportant jusqu’au café et à ces moments là, elle me parlait avec douleur de ses parents qui divorçaient, de la vie en banlieue de Paris. Alors, se déroulait en moi : les rues de la capitale, les immeubles élancés avec ses plexiglas fumés en facades, symbole d’une mode, des écoles surement plus modernes et des parents en déroutes. Cela m’intriguait au plus au point malgré les souffrances de mon amie. Je n’arrivais pas à l’envier mais ces banlieues parisiennes me paraissait alors à la pointe du progrès social et mon amie aux avant poste du futur fantasmé. Rapidement comme pour oublier, l’’imagination clôturait les conversations et ces histoires galopaient sur des pistes interminables menant à un château scintillant ou à un bal merveilleux. Nous étions seules dans ces jardins, en totale complicité et nous échangions sur nos jouets, nos amies lointaines, nos lectures laissés le temps des vacances.
Nathalie repartit un matin pour Argenteuil et on se promit de se revoir, peut être pour les vacances d’été et de s’écrire : on se jura milles choses. Mais nous étions trop jeunes alors. Quant à moi, j’ai passé alors les vacances les plus heureuses de cette époque. Nathalie






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