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La Ruine, Retrait dans les bois et Le retour de Julie

1 décembre 2017 25 février 2019 Miguel 1 236 vues Un message
Challenge d'histoires de cabanes, décrire sa vie dans les bois, dans un habitat insolite. Un texte sur les cabanes.

Nous présentons le challenge des lecteurs pour 2017. Imaginaire ou réel. Expérience ou vie fantasmée. La ruine est un poème de Litith sur un endroit magique et « retrait » est un récit plus pragmatique sur une vision survivaliste d’un replis stratégique dans les bois.

La ruine (Les voix de Baba Yaga) par Lilith

Soudain, elle était là…

Dans un fouillis de ronces de lierre
blottie dans un nid d’éboulis
telle une lourde bête tapie
figée dans sa gangue de pierre.

cabane-pierre-recits-experience.jpg

Rien ne l’annonçait
ni pancarte ni sentier.
Posée sur le cailloux
s’imposant tout à coup
dans une humble majesté.

Puissance de la ruine

Victorieuse oubliée

Dans la combe elle domine
un monde tout peuplé
de trous noirs
de gravats
de touffes de chélidoines
accrochées à ses flans
d’araignées affairées
à capturer les larmes
qu’un petit chêne
habillé de lichen
leur offre en se tordant

Le soleil est timide.
Il n’entre qu’à moitié
sans doute pour éviter
d’accabler la paisible
fraîcheur du ventre de la ruine.

Nature livrée à elle même
Dans son silence crissant
inquiétant, presque palpable.
Comme une bouche ouverte
édentée,
la porte de bois vermoulu
n’oppose aucune résistance
au vent, aux errants,
aux oiseaux nichant
sous son toit béant

Elle m’invite … j’entre!

Quand je franchi le seuil
déjà l’ombre m’étreint
Tout autour la pierre,
rien d’autre que la pierre
Le sol jonché de tabac séché,
tapis serré sans moisissure,
les dalles éclatées font de larges blessures,
le rocher brut, pas de plancher
la Terre sous mes pieds nus
fraîche, douce et satinée
une caresse de bienvenue.

C’est à cet instant que le soleil osa
tenter une entrée indiscrète
dans le sein de la maison,
et dans ce temple il déposa
un trait d’or sur ma tête
comme une bénédiction.

Je ne sais pas exactement
combien de temps je suis restée
captive d’un sentiment
étrange et familier
dans les odeurs d’humus
et de bois mélangées
mais quand le soir venu je sorti de la ruine
une voix me parlait
une voix féminine…

Etait ce Baba Yaga
sorcière des lieux sauvages
qui nous ballade parfois
sur le bord des rivages
de la nature profane
comme un message
de la vraie vie ?

C’est alors que j’ai compris:
un jour j’habiterai la ruine
Je quitterai tout, c’est promis.

J’ai tombé ma peau citadine
j’ai attendu longtemps, longtemps
que plongent mes racines
dans l’enchevêtrement
inexploré de mon intime ,
quitter les parcours fléchés
des émotions programmées
abandonner mes yeux voilés,
mes mains gantées
pour voir, toucher
la boue la fange et toutes les bêtes
qui grouillent dans mon dos
me coucher sur la mousse
laisser vivre l’arbre mort des années d’avant la ruine
et regarder tranquillement le temps qui pousse
la vie comme un cadeau
offert au détour d’un chemin
même si
même si
On ne demandai rien…

Lilith

Retrait dans les bois.

J’ai pour projet de me retirer sur un coin un peu paumé.
Je recherche un endroit ou je puisse éteindre le poste de radio en sachant que rien ne peut plus m’atteindre. Intellectuellement c’est surement du bonheur, le vrai par celui des papiers glacés. C’est vrai que si l’on est citadin, on est un peu concerné et on demeure au fait des dérives et de la folie ambiante.

f-cabanes-jardin.jpg

Loin d’une centrale nucléaire, loin des endroits où pour moi demain, ce sera peut être, au mieux Israël, au pire Sarajevo.
Je cherche pour mon âme et pour mon impact sur la nature, une autonomie et un endroit ou je pourrais faire pas mal de pratique asiatique: méditation mais surtout Taï chi et Yoga car je n’envisage pas une pratique sportive ou un travail d’artisan àn taux plein pour me tenir en forme. Je suis l’air du temps et les méthodes douces sont préconisées sans contre indication. Et puis l’art, la musique, c’est essentiel. Certaines religions incite à un recueillement régulier, c’est en çà que je leur trouve une certaine utilité. Le reste m’a toujours laissé dubitatif.

Je vais créer un mixe petit potager et petit élevage. Bref 2 à 4 Ha et un cabanon de 50m2. Source, filtrage de l’eau jusque dans la carafe. Ayant tout parcouru sur ce site jusqu’à la musique et les bouquins préconisé, j »estime qu’il me faut une somme de 50 000 € pour un plan sympa avec un budget autonomie. Donc c’est quasiment du bénéfice net tout l’argent que j’aurais sur des rentrées ponctuelles. Je vous laisse réfléchir à toute la paperasse et à toute la gestion que j’escompte bannir.

J’ai apprécié les mises en garde sur Google earth dans les bois avec une cabane qui peut être zoomée, Donc je rechercherai un produit plutôt abrité et à minimum 500 m d’une route. 1km c’est pas mal. Voir en hiver le côté pratique car à priori çà peut bien glisser sur un chemin détrempé.
Je ne cracherai pas sur la pêche et la chasse pour la marche et les paysages. Et pour pouvoir avoir une pétoire de 12mm pas trop loin car les bois, çà peut être visité de près. Un coup de semonce, çà calme les ardeurs. Voilà, c’est mon projet et je souhaite reprendre un cabanon et faire quelque chose qui soit dans une approche marginale et donc forte et aventureuse au réel sens du terme.


J’ai trouvé, c’est mon endroit, ma cabane. Il y a à retaper et c’est pas très grand 55m2, paumé. Je suis à 350m d’une route déserte. C’est assez long mais sans trop. 1 km aurait été une distance laborieuse, je vous l’accorde.

C’est l’automne et c’est magnifique. Je ne sais pas quoi vous dire. C’est une joie immense. Pour l’instant, je m’étonne tous les jours de voir que des endroits magiques soit donnés. J’ai crains la SAFER et les péremptions plus ou moins entendues. Mais surement trop cher pour une parcelle difficile. Les gens balancent un pognon fou dans des lieux où il y a de la pollution, des difficultés de circulation, des taxes folles alors que l’on est connecté partout, on peut avoir le jus, la flotte et la téloche (pour les aficionados) partout. Et avec quelques saints efforts, des jardins à fruits et légumes sans pesticides et des poulets sans produits anti puces.

Ils vont mettre 300 000€ au bas mot sur un bloc de béton enduit avec des matériaux design rayon jardin de Mr Bricolage, alors que dehors c’est un dixième du prix et qu’avec une tronçonneuse et des bricoles tu peux faire ce que tu veux dans un style superbe. Ton imaginaire est sans cesse sous pression et c’est jubilatoire.
Tu peux dedans te faire un cocon avec les saisons qui défilent au dehors. Les gens sont malades des villes et c’est tant mieux.
Je bosse sur l’isolation de la cabane et je ne serai pas prêt cet hiver. J’ai fait décaisser…Il faut que ce soit pratique et apte aux travaux.
Pour les pétoires, c’est rassurant mais je dors maintenant tout ouvert. Les appréhensions sont vite passées. Merci dame nature.

Le retour de Julie.

Julie rentre de voyage, elle revient des États-Unis, elle nous livre ses impressions et le manque de ce qu’elle avait laissé. Elle nous offre également son aquarelle.

la-creuse-en-hiver.jpg

C’est moi Julie qui revient des Etats-Unis à la France, retrouver son bon pain, et son bon fromage. Les ponts de Lyon dont je connais les noms. Les voitures sont taille-humains, au lieu de taille-géant. Dans une d’entre elles avec Simon et le fou qui nous a pris en stop, je regarde la France par la fenêtre. On passe des maisons en vraie pierre ; quelqu’un a pris le temps pour mettre pierre sur pierre parce qu’il a cru que ce serait joli.

On arrive. Chez nous, un petit nulle part au milieu du pays. Simon me dit que si mon sac à dos ne faisait pas tant de bruit j’entendrais comme il n’y a rien à entendre. Pas de voitures sur le chemin, pas de chiens qui aboient, pas d’avions qui passent.

On approche la jolie maison de Richard et Nanon, avec Richard dedans. On rigole un peu avec. Puis on va vers la cabane, pour voir la tête de Guillaume quand il va apprendre que je suis rentrée en France.

Ce chemin, je l’ai vu sur Google Earth. Mais je n’ai rien compris. Les satellites ils ne voient pas la boue, ni les feuilles sèches qui restent sur les chênes. Ils ne montrent pas qu’il faut monter pour arriver à la cabane, une colline habillée de petits arbres et de la mousse brillante.

En haut il y a Guillaume avec un sourire gros comme le mien. Il dit coucou. Et il y a la cabane, pas du tout comme dans ma tête. Plus grande, plus vraie. Les photos, ça ne montre qu’une vue à la fois ; on n’arrive pas à les joindre ensemble. Mais connue pour du vrai, la cabane est devenue une personnalité. Pour l’entrer, on l’approche, on l’encercle ; puis une fois dedans on continue en spirale autour du tronc d’un arbre qui sort par le toit.

A l’étage, nous aussi on peut sortir sur le balcon et d’un coup on a tout l’espace du monde. En surveillant la vue depuis la hauteur d’un arbre, on se rende compte qu’une cabane, ça existe pas sans le bois autour, alors le bois c’est une pièce chez nous aussi. Un beau salon où on aurait envie d’inviter du monde. Allez, on rentre par la porte-fenêtre du balcon. Dans la cuisine un gros caillou s’est invité pour nous tenir compagnie. On s’adosse dessus. Un petit poêle nous réchauffe le thé mais pas encore les pièces, car les murs en torchis ne sont que moitié montés pour l’instant. Quand même on voit déjà les vues du bois par les fenêtres, et réduit en cadres grands et petits le bois n’est pas moins joli. Ni converti en cabane d’ailleurs. On dirait que les troncs d’arbre sont contents de se donner à un projet si plein de vie.

Ce qu’on ne voit pas dans les photos, c’est comme on se sent là-dedans. Oui, il faut parfois se rappeler de baisser la tête pour ne pas la cogner contre la poutre; mais il y a largement l’espace pour y vivre sans se voûter. Une vie taille-humain, pas taille-géant.

Julie d’Ardheia association.

récit aventure, bois, cabanes, histoires, expériences.

Message

  1. Par hannoukou

    Les écrits 2017 de cabanes par nos lecteurs
    Bonjour
    T’as bien raison !!!
    . Tous ces moutons d panurge gobent tout c que la sociėtė leur propose sur un plateau sans avoir a rėflechir et sans poser d questions (ex: d’où vient et comment est ėlevė la poule que tu achète, la liste serait longue !!). Ils ne veulent contrer les lobbies et se donner du mal et faire marcher son imagination.
    Au plaisir
    Bonne journée

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