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Cet espace est consacré à ceux qui pour des raisons économiques ou par simple redéfinition de leur chemin de vie ont opté pour un habitat alternatif du type cabane, jasse, mazet,yourte, etc.... Nous accueillons leurs témoignages des joies et des difficultés qu'il rencontrent dans leur quête .Leur vision de la liberté ,des points de vue sur l'autonomie matérielle ,énergétique et financière.
L'esprit du retour à la nature est présent en chacun d'entre nous, surtout si vous êtes sur ce site. Cependant une autre vie près de la nature est souvent une bascule dans l'inconnu, une nouvelle dimension dans un environement plus vaste et plus solitaire. Un nouveau et plus intense rapport à soi. Des choses à gérer, pas toujours évidente pour continuer à créer et construire sa vie. Souvent un projet solide est le visa recommandé.

J'illustrerais ces propos par un livre lu récemment "Etrangers sur l'Aubrac" Editions du Bon Albert où l'auteur Nicole Lombard retrace son"exode" économique avec son mari et une petite arche de Noë .Ils fuient le Gard et le midi de la France et trouvent un repli au coeur de l'hiver entre quelques murs sur les monts d'Aubrac au nord de l'Aveyron et de la Lozère. Le parcours est rude, mais les ressources sont là. ML
Le BUZZ de la rédaction Le BUZZ de la rédaction pour ne pas surcharger le site le BUZZ des robinsons est a suivre sur canalblog voir colonne de droite.
Bon, voici un mail assez fébrile qui montre une situation comme on les connais le plus souvent au travers des titres de la presse.
On peut dire que certains sont dans de véritables situations de ""sans papier" et qu'on leur met la pression. Je vais les nommer les "sans papier verts" car ils ne sont pas dans les jardins du Luxembourg, aux carrefours de nos artères, ils sont là où on ne veux plus être en dehors des mois de juin à septembre, là ou les campagnes se meurent ou l'on manifeste contre une fermeture d'hopital, d'école, ou de bureau de poste. Et nos "sans papiers verts" se font mettre la pression par un tas de personnes ici par la DDE en l'occurence.
bonjour, je n'ai pas trop de temps ...mais :
mon père fait de l'accueil sous yourtes tipi et cabanes et fait de l'accueil aussi pour les randonneurs ,
à velo à pieds ou à cheval: un parc, une écurie et du foin à disposition, endroit idéal pour les enfants!!
entouré de chemin et circuits pedestres, gestion des ressources (toilettes seches, panneau solaire..),
dans un site historique, au dessus de la Ferrassie et dans la vallée de l'Homme à 2 pas des Eysies, capitale mondiale de la préhistoire!
si vous pouviez l'annoncer (la dde a essayer de l'expulser, il a besoin de soutien..le deputé aussi soutien)
le collectif VIE ET HABITAT CHOISIS soutien et avec une volonté de dialogue avec les autorités, bientôt Association!
Suite sur le BUZZ DES ROBINSONS canalblog
Les pressions exercées à l'encontre des habitants alters ne diminuent pas. Comme le signale le blog Yurtao et dans le cas de notre sujet de Novembre ci dessous, il s'agit le plus souvent d'affaires de convoitises immobilières qui agitent les élus dans nos campagnes.
Extrait du blog:
C’est le cas de la plupart des dossiers litigieux actuels:
à Arrout, c’est un voisin de la yourte, fonctionnaire de la DDE, qui utilise ses relations et ses connaissances contre cette tente accusée de dénaturer (!) sa luxueuse villa.
A Bussière, c’est le racisme affiché d’un maire qui le pousse à mener une guerre d’élimination des populations différentes, entraînant son conseil municipal dans des poursuites à la limite de la légalité, après avoir couvert des violences et des menaces physiques.
A Barjac, c’est le refus d’un maire d’ouvrir un robinet d’eau pour une famille de yourteurs, et quelques encablures plus loin, à Tharaux, encore une mairresse qui refuse à un yourteur l’accès à un compteur et le droit de vote.
En Ardèche, des jalousies foncières ont poussé des conseillers municipaux à fermer une fontaine publique pour faire décamper une yourteuse dont ils avaient déjà refusé l’inscription de l’enfant à l’école. Après son départ, on découvre que c’est un policier qui a exercé des menaces qui veut acheter la parcelle….
Voilà le problème est toujours le même, souvent la yourte est accusées de dénaturer le paysage et lorsque l'on voit dans nos campagnes pousser à l'entrée des villages de magnifiques villas roses Barbie, avec tout le confort des volets roulants aluminiums blancs et les colonnes de la terrasse fuchsias, on est en droit de se dire que l'on marche la tête à l'envers. Mais rassurez vous vous pouvez continuer à venir en vacances, car vos cartes postales seront toujours nickels avec Photoshop. C'est pas grave c'est la mondialisation.
Maintenant comme le souligne Barbesse la bloggeuse, il s'agit de faire attention à ne pas tenter de légiférer sur le sujet rapporté à l'assemblé nationale par le groupe écologiste à les dispositions relatives à la reconnaissance du statut de l’habitat mobile, diversifié et écologique dans la hâte et sans concertation avec les associations qui planchent sur le sujet car souvent les bonnes intentions peuvent révéler des effets secondaires catastrophiques. Retrouvez Barbesse.
On vous la fera pas: Tarzan n'est pas le fils de Crao mais bel et bien celui de Burroughs et de parents naturels qui se sont scrachés en avion dans la jungle et qui plus tard sera champion olympique de natation car entraîné par les crocos que vous pourrez voir dans le fleuve en contrebas de sa vraie cabane (à étages: l'ancêtre du duplex écolo) qui je crois se trouve au Gabon;
Donc dans ce cas c'est pas le moment d'y aller; mais allez jeter quand même un oeil à cet article de Libé.

" Tales" en Anglais signifie Chroniques, ces histoires de vie, ces moments racontés afin qu'ils ne tombent pas dans l'oubli car ils ont la fragilité de la simplicité et sont irremplaçables, irréversibles.

Le long des Rockies et plus au nord jusqu'au Montana, vit en marge une espèce, pas encore connu chez nous, d'écrivains écolos qui se retirent dans des coins ou ils ne rencontrent aucune âme qui vive à des dizaines de miles à la ronde et peuvent ainsi passer des hivers dans des cabanes à l'instar des anciens trappeurs. Farouches défenseurs de ces immensités -encore- sauvages, leurs plus proches voisins sont les Grizllys, bêtes mythiques qui demeurent fidèles à leur réputation et il est surtout recommandé de ne pas les inviter à une relecture d'aventures au fond des bois....

Ils se nomment: Doug Peacok, Rick Bass, Pete Fromm et se situent dans la lignée des grands écrivains comme Jack London, Richard Ford ou encore Jim Harisson. A ceci prêt qu'ils sont profodement engagés pour la sauvegarde des forêts sauvages, de vallée perdues, de rivières vivaves. Qu'ils soient vétérans du Vietnam ou des figures de la contre culture comme leur doyen Edward Abbey activiste écologique aux méthodes assez radicales, ils sont des adeptes des contrées reculées ou l'on se confronte à la nature dans son immensité et toute sa force. Une capitale "littéraire"dans ce nord: Missoula.

Image aimablement proposé par Mark et the crew du site www.montanapictures.net
Ainsi Doug Peacok, en rupture avec la société à son retour du Vietnam ou il à effectué son séjour en temps qu'infirmier, est devenu expert dans le comportement du grizzly. Cependant dans son essai "Une guerre dans la tête", il relate l'enterrement du chef de file de ces anars écolos Edward Abbey dans un canyon désertique enroulé dans une bache et avec quelques pelletés de gravats.
Ce même Abbey avec lequel il dégommait les panneaux à coups de Winchester. Ces fait sont relatés dans le roman de ce dernier "Le gang de la clé à molette". Mais Abbey à surtout écrit "Désert solitaire" et inspira la création de l'organisation radicale "Earth first dont le slogan est "pas de compromis dans la défense de la mère terre".
Pete Fromm beaucoup plus sage a accidentellement vécu sa première expérience dans les montagnes par la surveillance un hiver entier de millions d'oeufs de saumons. Il écrit des récits d'hommes des bois, transcende le genre pour atteindre l'oeuvre littéraire avec " Indian creek" il a écrit une dizaine de romans et recueils de nouvelles..
Sujet inspiré par l'article de Didier Jacob du Nouvel Obs.
Ces ecrivains sont édités par Payot et O. Gallmeister.
Mardi 07 avril 2009 à 20h35 sur France 4
3500 km de route en camping-car pour aller à la rencontre de jeunes, qui inventent des solutions alternatives afin de se trouver un toit. Dans un contexte économique où il devient difficile de trouver sa place, les jeunes rencontrent de plus en plus de problèmes pour trouver un logement et partir de chez leurs parents, passage symbolique à la vie adulte. Certains squattent une maison ou un immeuble, d’autres pratiquent la collocation dans un bungalow de camping, les plus audacieux construisent des cabanes dans la forêt…
Face à la pénurie de logement sociaux et étudiants, nous avons rencontré les jeunes qui se débrouillent pour se trouver un toit. Des actions individuelles, mais aussi collectives. Un toit pour moi, c’est politique, car c’est aussi un toi pour tous!
En diffusion sur LaTéléLibre et Dailymotion à partir du lundi 13 avril
Et bien voilà Jean Paul Lepers part enquêter sur nombre de Français qui investissent appartements, campings et notamment les bois pour sauver... et bien leur vie, tout simplement mais aussi pour sauver leur âme leur dignité par la même occasion.
Crise oblige, la majorité des élus en rural ferment les yeux et puis c'est un peu de sang neuf dans des parages vieillissants, c'est peut être pas plus mal. Et puis il sont peut être plus attentifs au monde rural, les néos, que les babas des seventies.
Alexa Brunet du collectif transit nous fait part de son excellent reportage photo sur ses"habitants atypiques". Une vague de frais qui fait du bien dans ces périodes de crises. Découvrons les Galthazors, les Loms, l'Ugulito et autres artistes de la vie" robinsonniène". Cliquez: Un reportage signé Irène et Alexa Brunet.
Concernant ces photos et ces habitants atypiques, l'actualité de l'expo est bien pleine: elle est présentée à la Guillemette à Béhuard en Anjou jusqu'à fin avril et il y aura une soirée débat le 27 avril en présence d'auto-constructeurs. Ensuite du 19 mai au 21 juin elle sera en version complète au CAUE d'Angers, vernissage le 20 (à confirmer).
L'éco site de La Borie accueille les rencontres nationales de l'habitat choisi. Un village de yourtes, tentes, teppees accueille des réseaux venus de toutes les régions.
L'objectif: mettre en place des discussions et des revendications pour légaliser des actions de libre choix d'habitat plus en rapport avec "l'urgence environnement" et en réponse au problème de la crise du logement et des matières premières.
Mais dans l'esprit de soutenir les refus de subir toute les complications de l'habitat actuel, normes, contrôles, assurances, taxes liées à des dépenses territoriales démesurées et aux connexions aux réseaux obligatoires, le refus de l'uniformisation de l'habitat des couches sociales défavorisés et des classes moyennes. Bref être libre.
Nous nous sommes rendu dans le Gard pour suivre un procès surement " symbolique" pour les revendications d'une partie de plus en plus importante de Français exclus et en opposition pacifique à la civilisation de la consommation à outrance.
Nous avons rencontré des gens sereins et conscients d'une lutte qui s'annonce ardue . Cependant la conjoncture difficile risque, malheureusement ou heureusement , de multiplier les cas et d'emporter l'adhésion des citoyens. C'est dans cette optique que nous nous déplaçons et véhiculons ces informations.
Sylvie a gagné son procés contre le mépris l'accusant "d'installation en réunion sur un terrain appartant à autrui" sur une loi sarkozy de 200, ce dernier menant une mini croisade avec son confrère transalpin contre les gens du voyage et les campements de tous types.
Depuis plusieurs années sylvie occupe une friche pour promouvoir son travail sur les yourtes "magnifiques en patchwork". Des marchands de biens, ayant succédé à une association sociale- propriétairedu terrain-, ont entamé une proçédure visant à expulser Sylvie sans proposition de vente sans même une déclaration d'intention d'aliéner à la SAFER (préemption possible par les agriculteurs). Ce procès a été une victoire d'une femme courageuse, non violente contre une accusation provoquant l'indignation du tribunal en citant un couplet à la limite de la xénophobie sur les Mongols, les Inuits ou encore la « tribu » de Sylvie.
Les infos YURTAO la voie de la yourte
Jo est décédé des suites de l'incendie vendredi matin, dans l'incendie de la friche artistique autogérée, du Chardonnet, à Rennes animateur et fondateur de halèm: association des HAbitants de Logements Ephémères ou Mobiles. Drôles de circonstances. Un incendie au petit matin dans un squat d'artiste que visitait Joe et dans lequel il avait passé la nuit. Une personne s'éclipsant alors que l'incendie prend, Joe sort par la fenêtre, attends le Samu et décède pendant sont transfert au service des grands brulés...Espérons que des éclaircissements seront à venir.
La fédération « Droit Au Logement », fait part de sa tristesse et de son émotion à l'annonce de la mort tragique de jo, apporte sa solidarité à ses proches et ceux et celles qui ont combattu à ses cotés, et demande des éclaircissements sur les causes de ce drame. Il luttait pour ceux et celles qui, éjectés par la société urbaine, ou ayant choisi leur liberté, vivent dans des camping, dans des caravanes, des logements de fortune, ou dans des habitats alternatifs choisis respectueux de l'environnement et autonomes.
Il est évident que ce type de combat risque de prendre une amplitude sans précédent pour qu'un nombre de Français démunis et exclus aient droit à une dignité. Il s'agira surement d'une "époque" mais la France en a connu d'autres et parait il en totale aparthé, "dixit un spécialiste de l'histoire de l'agriculture sur France Inter" la France possédait moins de Forêt à l'époque Gallo Romaine que maintenant. (Pourtant il y avait que 17 millions de Gaulois, mais que des agriculteurs..)qui l'eu cru. La gestion de ce droit sera surement très délicate et très sensible Suite sur le BUZZ DES ROBINSONS canalblog
Comme l’on pouvait malheureusement s’y attendre, l’expulsion et la destruction de la Picharlerie était le signe avant coureur d’une campagne de décabanisation. Le procès d'Eric qui vit au dessus de Vebron sur une petite exploitation agricole de 7 Ha cultive et vend ses légumes au marché de Florac.Il est soutenu par plusieurs collectifs dont la conf' et
Il est passé en corectionnelle à Mende pour construction illégale d'un habitat familial de type yourte après un report en décembre a eu lieu ce 20 mars 2008, l'audience a été décalé, devant la mobilisation d'une centaine de sympathisants devant le tribunal, en première audience de l'après midi . Suite sur le BUZZ DES ROBINSONS canalblog
Il règne une petite effervescence dans les bois du fait de quelques cas de crises ponctuelles opposant des partisans de vies alternatives aux élus et donc par voie de fait engendrant des suites judiciaires qui réveillent des sentiments de révolte et des signaux d'alarmes. Cependant, le phénomène est loin d'être nouveau dans les campagnes, encore faut il rester vigilant.
Ca fait 40 ans que les "chevelus" défilent et les gens intelligents ont bien remarqué que ce sont souvent ces néo ruraux, même s'ils arrivent là sans trop de projets au départ, qui vont amener un flux et la vie pour maintenir des écoles, des services, quelques emplettes chez les marchands de matériaux et les commerçants du coin. Les résidences secondaires c’est bien… sur le court terme.
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Le réseau RELIER, Réseau d’Expérimentations et de Liaisons des Initiatives en Espace Rural, est une association nationale d’éducation populaire, née en 1984. Son but est de créer et d’animer des lieux d’échanges et de mise en réseau des personnes qui, toutes professions confondues, font le choix de s’installer pour vivre en milieu rural.
A la base, une initiative à la fin des années 70 dans l'Isère pour comprendre la situation des paysans.
Actuellement Relier se bat pour montrer et soutenir le développement d’autres activités à la campagne. avec urgence face aux interrogations de notre société de donner un sens à ces pratiques : S’installer à la campagne, monter une entreprise rurale, c’est d’abord et avant tout faire le choix d’un mode de vie. Ce sont autant de choix pour témoigner du refus de certains excès de notre société.
Par exemple : Pendant près de 6 ans, un groupe de travail sur les GFA/SCI, animé par RELIER a analysé les différents types de structures juridiques possibles pour accéder collectivement au foncier. Ce travail, sur la base de témoignages et d’échanges de savoirs à permis de créer l’association Terre de Liens et capitaliser un certain nombre d’éléments.
Des éléments que les -cabanes.com vont développer ces prochains mois via aussi le forum
Au mois de septembre 2007, Relier a organisé : Le sens de Habiter, les 10 et 11 septembre 2007 en Languedoc-Roussillon à La Vacquerie (Hérault) en partenariat avec Cantercel, Sens Espace Europe, PNR, Pays et Terres Vivantes 34.
RELIER est affilié au Mouvement: peuple et culture.
Rappelé après une demande d’information sur les saunas et les éoliennes sur la boîte contact, Lucas a bien voulu nous délivrer la réalité de ce qu’il appelle son « exode rural » et nous lui avons demandé de bien vouloir amener un témoignage sur la quête de sa liberté, sans photos pour l’instant. Avantages et petits inconvénients.
J’écris ces quelques phrases par un beau matin de cet hiver qui ne nous a pas épargnés. Fraîcheur précoce puis sans relâche, se sont succédés les pluies, le froid et la neige. Ce matin il fait très beau, le soleil est présent et le meilleur reste à venir.
Un très beau temps aussi, je me souviens, a accompagné mon premier vrai rendez-vous avec ce coin. C’était un bon présage,je m'étais dit. Il n’y a pas très longtemps en somme puisque mon exode s’est produit en avril 2001.

Je faisais sûrement ma révolution du 21e siècle et surtout mon entrée dans la trentaine. Je lâchais mon appartement, mes 3 cartes de « crédit fidélité », ma carte d’abonnement de stationnement centre ville, liquidais mes quittances diverses et variées. Les couvertures sociales seraient transférées plus tard.
La veille j’avais remis quelques effets à mon entreprise et ma voiture de fonction avait été rendue une semaine auparavant. Il paraîtrait que les fonctions commerciales n’ont pas a justifier de présence pendant le mois de préavis. J’en avais profité donc pour trouver un break rapide et économique et faire un grand tour chez les dépôts ventes. Je n’avais plus trop le temps pour les petites annonces et j’ai aussi fait profiter les amis de gadgets divers et très variés…
Les amis n’étaient pas trop loin : 100 Km maximum, ce n’est pas le bout du monde. Et ç’est avec un sourire hilare que j’ai pris la route plein nord et une heure et demi plus tard j’étais dans mon bois près de ces murs à retaper. J’avais des bonnes notions de la rénovation, et l’envie m’était aussi venue en aidant quelques fois mon oncle en Corse. Cette fois ci il serait de la partie de temps en temps, ses outils et son groupe électrogène en permanence et on avait programmé la fin de travaux pour le mois de septembre. Inch Allah.
Au programme sur cette cabane de 22m2 au sol : le toit : une poutre à changer et une dizaine de m2 de vieilles tuiles à restaurer complètement. Puis les 20m2 de plancher gondolé de l’étage à évacuer et à remplacer, réaliser l’isolation de la toiture, plâtrer « rustiquement » les murs à l’étage et rénover l’enduit à la chaux au rez-de-chaussée. Enfin, installer le conduit du poêle puis rénover la chape, y fixer des lambourdes, isoler et poser à nouveau un plancher. Cela paraît très simple une fois fini.
Le temps passa vite aux rythmes des journées remplies, des week-ends paellas, Chili et grillades pour les amis venues à la rescousse partager mon rêve en se retroussant les manches et en plantant des igloos sur l’herbe jaunie. La contruction de la cabane avancait. Des moments très sympas, mais qui allaient s’espacer inévitablement avec la fin de la belle saison.
Fin septembre, j’étais installé et j’évacuais la caravane qui m’avait servi de logis pendant quatre mois. Nous avions même posé les nouvelles fenêtres et réalisé une ouverture et un coin douche avec une grande partie réalisée en panneaux double vitrage, des étroits et hauts et un panoramique : Ma télé à moi. Les toilettes sont restés le cabanon installé pendant le chantier.
J’avais des réserves d’eau naturelles par récupération et au besoin 6 jerrycans de 20 litres qui restait à poste dans le break. Deux batteries de poids lourds et le groupe étaient logés dans une niche ( Le solaire est arrivée en 2004). Une lampe Coleman, un auto radio lecteur de cassettes, 4 lampes 12 V et une cuisinière gaz étaient mon seul confort. Sans oublier le poêle que j’avais choisit vitré par besoin de présence et de lumière supplémentaire.
Il était temps de plonger dans ma nouvelle vie. Je savais qu’il me fallait faire des concessions pour être libre. Je choisissais l’indépendance à défaut d’anarchie. Je n’oubliais pas que j’utilisais le système : routes, poste, réception FM, secours si besoin en était et un tas de choses pour lesquels il fallait, je savais d’avance préserver au maximum l’intégrité de mon choix. Ma première règle fut de ne plus rentrer dans une grande surface. Pari tenu avec les marchés, les commerçants, les marchés aux puces, les petites annonces et je l’avoue : une liste tous les deux mois remis à mon ami restaurateur lors de ses approvisionnements. Je n’ai pas dopé le marché asiatique pendant ces quelques années hormis pour l’achat d’un téléphone portable et actuellement d’un ordinateur lui aussi portable qui me permet aujourd’hui sur ma terrasse de taper ce message et d’acheter de l’occasion. Ma deuxième règle été de rester indépendant vis a vis des services de l’état et des ragots de villageois en travaillant dans un premier temps dans la rénovation puis en tant que livreur. Des métiers rudes des fois mais enrichissants.
Les hivers furent longs, aux débuts les contacts rares, les moments de solitudes réguliers mais je gardais en permanence l’impression de vivre mon aventure. Les amitiés se sont crées, souvent provoquées par un parcours similaire. Contrairement à ce que prétend Renaud les femmes ne préfèrent pas la campagne et les rudesses du climat ont raison des initiatives de certaines d’entre elles.
Mais la fusion avec la nature est bien là, chez moi, lors des randonnées, des visites dans les fermes, les petits palaces des anciens soixante-huitards ou des parties de pêches à la mouche et aux écrevisses. Les choses toutes simples et la beauté du lieu aussi me font dire que lorsque le pli est pris, on est pas mal dans les bois. Et cette pensée me revient systématiquement lorsqu’il m’arrive de rentrer de voyages et de passer le virage qui va libérer ma petite vallée.
Lucas PS: je recherche une éolienne de voilier d'occasion. Merci de contacter le site en attendant qu'ils inventent une bourse de troc...

lever du soleil sur les causses
Jacques, un voyageur à la campagne
Jacques est passé de la grande ville à la campagne à la fin des années 70, sa licence de géo en réserve, dans l’idée de tenter son entrée dans l’éducation nationale en cas d’guerre, en cas d’crise..., mais ya pas eu ou en tout cas ce n'est toujours pas fait.
C’est en mobylette qu’il a visité son futur hectare de bois et sa petite bergerie totalisant 60 M2 sur deux niveaux, un soir, après son boulot de couvreur qu’il avait démarré 4 mois plus tôt. Il nous parle de sa façon de vivre sans perfusion mais sans pour autant verser dans le rejet de la civilisation.
« J’ai dit oui sur le terrain et j’ai pris 2 mois de salaires pour régler le vendeur et mon patron m’a avancé les frais de notaire, de toutes manières ç’est lui qui m’avait conseillé d’acheter un terrain sans tarder. Petit à petit, j'ai rénové cette petite bergerie. (Au début, on pensait que ç'était la cabane à Bilbo le hobbit NDLR)
Le Sud ouest n’était pas ma destination finale, à l'époque je n'en n'avais d'ailleurs pas. 30 plus tard j’y suis encore mais à mi temps. Le choix n’était pas vain, car je bosse en rénovation et charpente de la mi mars à la mi novembre, et je suis le reste du temps à l’étranger. Le métier de couvreur me rendait difficile une absence l’hiver. Ce boulot mixte me permet de passer la saison froide dans des lieux plus cléments et je profite des vallées et des plateaux d’ici de la floraison à la fin des cèpes et des châtaignes.
En fait, j’ai été abonné à l’électricité, au téléphone, et même à canal jusqu’en 1997 et depuis j’ai tout stoppé à contre-pied de la tendance actuelle ou les foyers totalisent 150 euros par mois dès lors ou ils attrapent les connexions portables, TV satellites, Internet et France télécoms sans compter les consommations. Personnellement ce budget représente deux vols secs allers et retours assez loin de France pour ma femme et moi .
Ma connexion sur le monde s’effectue via les aéroports, ce qui ne m’empêche pas de traîner de temps à autre dans un cyber et de posséder une mobi carte 6 mois de l’année, déjà pour le boulot.
Sinon l’été, ç’est un peu le va et vient, amis musiciens, amis de voyage, circulent et j’ai aménager deux cases en bois (cabanes NDLR) dont une qui me sert, après l’été, de sauna. J’utilise un groupe électrogène et des panneaux solaires pour l’eau chaude et la recharge du parc de batteries.
La réception Tv n’est pas franchement bonne mais cela suffit pour de rares émissions, sinon ç’est ciné puisque que l’on est à mi chemin entre Albi et St Affrique et je récupère la traditionnelle K7 VHS pour souvent l’euro symbolique dans les vides greniers et les marchés aux puces.
Sinon les distractions ici passent par la musique et les copains artistes de tout poils, l'enduro, la randonnée, un peu de spéléo et l'escalade. L'incontournable potager: ce n’est pas mon truc, mais ç’est bienvenue pour le compost et les légumes de l’été. »
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nos pages locations cabanes
Emma nous fait le plaisir de nous conter quatres années de sa vie dans sa cabane, je n'en dit pas plus : Clap !
Lorsque j’ai vu la photo de cette cabane sur le petit écran d’ordinateur du marchand de bien, j’ ai su, d’emblée, qu’elle était taillée pour moi. Ou moi pour elle. On ne voyait pourtant qu’un morceau de toit brun émergeant à grand peine d’un fouillis de pins, et une foison d’herbe tout autour.
La route serpente depuis le village de Vauchassis jusqu’aux premières collines dans les bois communaux. Cachée par une haie de hêtres la petite maison est invisible. Elle surveille du haut de sa colline les bois et les champs environnants. Il faut grimper à pied un court chemin bien pentu, entre une rangée de pommiers sauvages et un bois de pins plantés de main d’homme et ravagés par la tempête récente. La cabane est perchée là, sous une clairière, dans un silence absolu. Juste le cercle calme d’une buse au-dessus d’elle. Depuis la galerie couverte, je vois s’étendre le paysage. Silence. Un pommier enlace un jeune chêne juste devant moi, étend ses branches en fleurs au milieu des glands. En contrebas, une sorte de pin tordu me semble venir d’une estampe japonaise. Voilà. J’ai dit « Je prends » et la buse a ponctué d’un long cri aigu. Sourire.
J’ai vécu là quatre ans. La cabane est petite, juste une pièce en fait, et une galerie au sud. Il n’y a pas d’électricité, et pas d’eau. Je sors tout juste d’une grande longère traditionnelle de l’Aube, et dois donc me séparer de mes meubles, de mes ustensiles électriques inutiles (frigo, cafetière, aspirateur) avec une joie non dissimulée. Je m’installe comme une ermite, dans le minimum vital que je cherche depuis si longtemps. De quoi a t-on réellement besoin, au juste ? Le tout fait le bonheur des amis…et me redonne ma liberté et ma simplicité. Je garde mes livres. Je suis tout de même bibliothécaire…ça ne trompe pas. J’aime pouvoir les ouvrir au petit bonheur, là sur la galerie au soleil. Et lire des passages à voix haute aux mésanges. Je monte un mur entier d’étagères réservées aux livres. Pour le reste, une série de coussins en angle, un poêle, une table basse, une gazinière et des bassines pour la vaisselle, un matelas dans le recoin chambre. Et voilà. Je reviens d’une marche à Compostelle, et j’en ai conservé le plaisir de ce que j’appelle le strict nécessaire. Cela m’est non seulement suffisant, mais je dirais même que pour certaines choses, cela s’apparente déjà à du superflu.
Chaque soir, j’attends avec plaisir le moment parfait où tombe le jour pour céder la place aux étoiles. Je n’allume jamais les bougies avant ce moment. Je reste assise des heures dehors, à regarder tomber la nuit. C’est un luxe : j’ai du temps. J’ai le temps de voir passer le temps. Il m’arrivera souvent en été de dormir dehors sur la galerie. Encore un luxe. La lumière des bougies est chaude, solaire presque. Et je suis toujours surprise chez mes amis lorsqu’ils allument leurs lampes, si agressives. J’ai perdu l’habitude. A un point tel que quatre ans plus tard, dans ma maison acquise en hiver, tous les soirs pendant une bonne quinzaine de jours, je chercherai à tâtons les allumettes sans penser une seule seconde qu’il me suffit de poser le doigt sur un bouton…
A la cabane, j’ai un grand réservoir à eau en grès, qui me tient l’eau au frais même au plus fort de l’été. Je prends mes douches entre trois grands pins odorants, une toile tendue entre eux, avec un efficace système de camping en plastique noir. Il n’y a rien de plus merveilleux que de prendre une douche dehors au soleil entre les pins. Encore un luxe…
Je redécouvre le passage des saisons, avec une telle douceur, une telle perfection. Elles passent avec leurs odeurs, leurs nouvelles couleurs, leurs lumières particulières…je ré-apprends à savoir lire l’arrivée des orages, à quel instant précis l’hiver n’est plus qu’un pantin de neige qui se bat encore avec la présence du printemps…Je découvre le goût fabuleux d’énormes pommes d’octobre que m’offre un pommier couché par la tempête de 1999.
Chaque instant est un haïku offert au présent. Certaines nuits, les fleurs du merisier sont plus lumineuses que les étoiles.
J’ai quelques hôtes réguliers, qui ont fini par accepter ma présence silencieuse : un renard, qui vient chaque soir à heure fixe. Un lièvre qui traverse le haut du terrain. Un grand pic noir dont le cri plaintif m’a tant surpris le premier jour. Et les buses bien entendu. En saison, dès la tombée de la nuit, je suis au centre du brame des cerfs. Des chevreuils viennent brouter dans la clairière, et émettent de courts jappements de chiens si je fais un geste. Des sangliers encore, qui farfouillent bruyamment sous les chênes. Les mésanges sont mélomanes, à la cabane. Elles restent perchées près de la galerie, sur le jeune pommier, cessant toute activité dès que je mets le Salve Regina de Vivaldi chanté par Gérard Lesne. (Oui, j’ai conservé la radio. Avec des piles…)
De ma chambre, je vois le pin à trois branches. Il est planté là, seul à avoir résisté à la tempête de ce côté du terrain, comme le maître incontesté des lieux. De l’intérieur de la cabane, j’entends vivre la nature : le bois laisse filtrer nettement les sons du dehors. Oiseaux, pluie, grêle, vent dans les feuilles, chute des pommes de pins sur le toit…tout est musique. Je suis dedans et dehors en un même mouvement. Mes nuits sont bercées de nature. Ce silence bruissant de vie me manque tellement dans les maisons !
Avec le temps je m’organise : petit potager bien paillé pour éviter le manque d’eau, plantation de simples et de fleurs sauvages, un rosier buisson à minuscules fleurs blanches, un sumac de Virginie aux feuilles couleur de flammes en automne…Après le travail, je coupe tranquillement les bois tombés au sol pour dégager peu à peu un espace d’herbe. Je vois que la forêt reprend ses droits, et des centaines de jeunes pousses de hêtres, chênes, alisiers, pins sortent du sol, à travers le chaos des arbres déracinés en 1999. Dans quelques années, qui se souviendra encore de cela ? La forêt ? Certainement pas…
Je reste sereine devant l’incrédulité des collègues et personnes qui ne me connaissent pas bien. Que leur dire ? Ce mode de vie n’est pas une preuve en soi, je n’ai rien à leur prouver. J’ai choisi là ce qui correspond au plus profond de moi. Il faut savoir dire « De quoi voulez-vous que j’ai peur ? » en souriant, expliquer que non, ce n’est pas un mode de vie que l’on peut prôner pour tout le monde, que c’est exclusivement une plongée personnelle dans l’harmonie entre la nature et moi. Ou même ne rien dire du tout. Car ici tout y est mesuré à l’aune du silence et du rythme. Et des souvenirs d’enfance, dans un chalet du haut Tyrol autrichien.
Quatre années. J’ai laissé en cadeau à mon pin quelques larmes dans ses trois bras, le jour de mon départ. Ailleurs je démarre un projet de maison paille et bois bioclimatique, nouvelle aventure, nouvelles découvertes de ce que peut-être l’harmonie avec un lieu de vie et un autre engagement envers les êtres humains. Mais je n’oublie pas…il est fort probable qu’un jour, de nouveau, l’ermite en moi pointe son nez et me demande instamment : va vivre dans la cabane…
La maison de Martine -Dersou Ouzala-
Ma maison dans la Forêt
« Dans ma maison, vous viendrez, d’ailleurs ce n’est pas ma maison, Je ne sais pas à qui elle est, Je suis entré comme ça un jour, Il n’y avait personne. »
Jacques PREVERT, Paroles. Extrait de : « Dans ma maison ».

J'étais encore la nuit dernière dans la cabane. C'est vraiment un lieu de vie magnifique, que l'on partage avec d'autres randonneurs qu'on ne voit généralement pas, mais qui laissent la trace bienveillante de leur passage généralement sous forme de bois, de bougies, de dessins aux murs, d'un petit entretien courant. Je vais au-moins une fois par semaine dans cette cabane, qui est mon "QG", ma bouffée d'oxygène, face à la belle montagne du Donon...
Massif du DONON décembre 2OOO
« Ma maison dans la forêt » n’est pas à moi et ne semble pas non plus appartenir à qui que ce soit. Elle offre son modeste « confort » à tous ceux qui en franchissent le seuil, randonneurs en quête d'un abri, fêtards d'un soir, bûcherons ou « ermites du dimanche », comme moi, à la recherche d'un peu de calme.
Ma maison dans la forêt est minuscule mais je m’y sens tellement bien ! Elle a un petit auvent, une porte, plein de fenêtres et presque pas de murs. L'intérieur est sommairement meublé d'une table, deux bancs, deux porte-manteaux et, luxe suprême, d'une grande cheminée en pierre de grès. Le sol est en terre battue recouvert de gravillons. La lumière y pénètre par six fenêtres avec... 25 carreaux !
Je les ai comptés ce matin, car la semaine dernière, en stockant du bois, j'en ai cassé un. De simples bandelettes de papier journal ont suffi pour prendre des mesures et je viens à peine de le changer. Le mastic ne sèche pas car il fait froid, mais ça m'a fait très plaisir de remplacer le vieux carreau terne et cassé par un nouveau, tout transparent ! Du coup, j'ai eu envie d'en changer un autre, juste à côté, fendu par d'autres occupants. Ce que j’ai fait. Toutes ces fenêtres rendent la maisonnette très lumineuse et permettent de détailler le paysage à 18O degrés, bien à l'abri et bien au chaud.
J'écris sur la table, le dos chauffé par le feu, en regardant de temps à autre devant moi des fougères rousses ondulant dans le vent. A ma droite, d'autres fougères, une forêt d'épicéas et, vestige de la tempête de 1999, une grande racine dont les bras gesticulent dans tous les sens comme une divinité indoue. A ma gauche, l'antenne et le temple du Donon jouent à cache-cache avec la brume. Derrière moi enfin, la forêt toujours et un gros tas de bois protégé par une bâche de plastique tissé blanc. Les murs intérieurs du refuge sont tapissés de ce même matériau, simplement agrafé.
Celui-ci me rappelle les coussins brodés de couleurs vives ornant la tente berbère au Maroc, qui sont confectionnés avec le même « tissu » et Chloo, une charmante jeune fille nomade que j'ai photographiée en plein travail. Cet endroit privilégié m'accueille depuis plusieurs années et il me semble normal de veiller sur lui en emportant régulièrement les bouteilles vides et autres déchets abandonnés par certains visiteurs désinvoltes, de ranger un peu de bois sous l'auvent pour qu'il sèche, de laisser quelques bougies, allumettes ou allume-feu en pensant aux suivants. D’autres personnes font un peu d’entretien et quelques réparations, mais je ne les ai jamais rencontrées. Je chéris cette maisonnette, qui me fait penser à celle d’un de mes « films-culte » : Dersou Ouzala, de KUROSAWA, une référence absolue en ce qui concerne «l’ esprit-bivouac ».
C'est dans ce sens que j'ai cru bon d’enrichir le mobilier d'une humble pelle métallique, bien pratique pour nettoyer le foyer et jeter les cendres froides. Un inconnu y avait laissé une hache qui a disparu peu après. Peut-être l'a-t-il récupérée ? Ma pelle ne suscite pour le moment aucune convoitise. Il est si agréable de passer ici quelques heures au calme ! Qu'il fait bon y lire, écrire, rêver, faire une sieste sur un banc devant le feu, ou bien déguster de succulentes grillades en compagnie de quelques amis. A la lumière romantique des bougies, c’est un bonheur d’écouter la pluie crépiter sur le toit de tôle, le vent hurler dans la forêt, ou bien de regarder tomber la neige, dont l’odeur si fraîche se mêle à celle du feu de bois…Martine schnoering
Julie rentre de voyage, elle revient des Etats-Unis, elle nous livre ses impressions et le manque de ce qu'elle avait laissé. Elle nous offre également son aquarelle.
C'est moi Julie qui revient des Etats-Unis à la France, retrouver son bon pain, et son bon fromage. Les ponts de Lyon dont je connais les noms. Les voitures sont taille-humain, au lieu de taille-geant. Dans une d'entre elles avec Simon et le fou qui nous a pris en stop, je regarde la France par la fenêtre. On passe des maisons en vraie pierre; quelqu'un a pris le temps pour mettre pierre sur pierre parce qu'il a cru que ce serait joli.
On arrive. Chez nous, un petit nulle-part au milieu du pays. Simon me dit que si mon sac à dos ne faisait pas tant de bruit j'entendrai comme il n'y a rien à entendre. Pas de voitures sur le chemin, pas de chiens qui aboient, pas d'avions qui passent.
On approche la jolie maison de Richard et Nanon, avec Richard dedans. On rigole un peu avec. Puis on va vers la cabane, pour voir la tête de Guillaume quand il va apprendre que je suis rentrée en France.
Ce chemin, je l'ai vu sur Google Earth. Mais je n'ai rien compris. Les satellites ils ne voient pas la boue, ni les feuilles sèches qui restent sur les chênes. Ils ne montrent pas qu'il faut monter pour arriver à la cabane, une colline habillée de petits arbres et de la mousse brillante.
En haut il y a Guillaume avec un sourire gros comme le mien. Il dit coucou. Et il y a la cabane, pas du tout comme dans ma tête. Plus grande, plus vraie. Les photos, ça ne montre qu'une vue à la fois; on n'arrive pas à les joindre ensemble. Mais connue pour du vrai, la cabane est devenue une personnalité. Pour l'entrer, on l'approche, on l'encercle; puis une fois dedans on continue en spirale autour du tronc d'un arbre qui sort par le toit.
A l'étage, nous aussi on peut sortir sur le balcon et d'un coup on a tout l'espace du monde. En surveillant la vue depuis la hauteur d'un arbre, on se rende compte qu'une cabane, ça existe pas sans le bois autour, alors le bois c'est une pièce chez nous aussi. Un beau salon où on aurait envie d'inviter du monde. Allez, on rentre par la porte-fenêtre du balcon. Dans la cuisine un gros caillou s'est invité pour nous tenir compagnie. On s'adosse dessus. Un petit poêle nous réchauffe le thé mais pas encore les pièces, car les murs en torchis ne sont que moitié montés pour l'instant. Quand même on voit déjà les vues du bois par les fenêtres, et réduit en cadres grands et petits le bois n'est pas moins joli. Ni converti en cabane d'ailleurs. On dirait que les troncs d'arbre sont contents de se
donner à un projet si plein de vie.
Ce qu'on ne voit pas dans les photos, c'est comme on se sent là-dedans. Oui, il faut parfois se rappeler de baisser la tête pour ne pas la cogner contre la poutre; mais il y a largement l'espace pour y vivre sans se voûter. Une vie taille-humain, pas taille-geant.
Julie d'Ardheia
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